Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 

Voilà un épisode très sympathique ! Il ne fait avancer en rien l'intrigue des Goa'ulds mais il se focalise sur la psychologie des personnages. Enfin, c'est un bien grand mot. Sur leur comportement, dira-t-on. Dans cet épisode, SG-1 se rend sur une planète à culture Minoenne (prétexte à des décors magnifiquement peints par le peintre de plateau et à des accessoires et des costumes en plastique), où ils chopent un virus qui les fait revenir à l'état de créature, genre hybride entre un homme de cro- magnon croisé avec un hooligan fou.

Vous aurez l'occasion, au long des 40 minutes que dure cette histoire, d'observer Samantha Carter se jeter sur O'Neil dans les vestiaires pour jouer au scrabble, les trois quarts du casting avec la mode du sourcil unique, O'Neil en train de jouer au mâle dominant face à Daniel Jackson, ledit Daniel Jackson sans ses lunettes PENDANT 5 SECONDES (malheureusement, il les remet juste après, il les avait perdues parce qu'O'Neil lui avait foutu une baffe parce qu'il avait eu le malheur de dire qu'il s'inquiétait pour Carter), Teal'c en mission diplomatique ou encore la prestation de la doctoresse du SGC qui peut provoquer même chez le spectateur aguerri une profonde consternation, de nature à lui faire perdre tout optimisme quant à la caste médicale dans l'univers de Stargate.

Un programme chargé, donc ! Mais commençons par le commencement. Réduits à l'état de bêtes sauvages, les membres de l'équipe se comportent relativement différemment. Comme on l'a vu, Samantha Carter révèle son penchant pour le mâle dominant, O'Neil (JE L'SAVAIS !), là où O'Neil sait profiter de la situation. D'une part en faisant genre il lutte contre la transformation-je-suis-un-héros, et d'autre part, dans le dos de tout le monde, en ne rechignant pas trop lors de l'agression de Carter. Ok, c'était au début. Teal'c, bien sûr, reste tellement imperturbable que le virus, dégoûté, préfère le laisser tranquille. C'est tout le souci, cependant, lorsqu'il est envoyé en mission de récupérage d'échantillons sanguins chez les Minoéens qui font pour l'instant partie du palmarès des costumes les plus plastifiés de la série. En effet, Teal'c est trop flegmatique. Qu'il dise qu'il aime les yaourts à la fraise ou découper des cadavres, on est à peu près certain qu'il fera tout ce qui est en son pouvoir pour qu'aucun muscle de son visage ne tressaille. C'est bien ce qui a l'air d'angoisser les Minoéens (qui, au passage, ont un INCROYABLE système de communication : alors qu'ils disent à je sais plus qui d'aller je sais plus où qui se trouve derrière deux gardes, gardes qui, lorsque l'ordre est donné, se trouvent à environ 50 centimètres des commandeurs, eh bien, les gardes essaient au premier abord d'empêcher la personne de passer lorsqu'elle s'avance. Incroyable, n'est-ce-pas ? Ils engagent des sourds ?), car les Minoens ne sont pas très coopératifs. Il faut dire que Teal'c a quelques soucis concernant la définition du terme « approche subtile ». Simulation :

MINOEN : Bonjour sympathique étranger, comment allez-vous ?
TEAL'C : Je viens parce qu'à cause de vous, tous mes potes sont devenus des hommes des cavernes.MINOEN : Horreur, la malédiction !
TEAL'C : Vous êtes des monstres, si j'avais le temps, je vous dénoncerai tous à la police. Vos fils/filles/parents/oncles/tantes/amis sont devenus des monstres à cause de vous.
MINOEN : Nan mais il est fou dans sa tête l'autre ?
TEAL'C : Ouais, et puis même si vous étiez sympas, je vous aimerai pas, parce que vous avez des costumes moches (bon, j'extrapole un peu là, mais faut bien qu'il s'exprime, ce petit). Au fait, il me faut un échantillon de votre sang.

Evidemment, les Minoéens ne sont pas spécialement d'accord pour qu'un malade mental leur enfonce une aiguille dans le bras. Qu'à cela ne tienne ; Teal'c a un plan B. Plan B qui consiste à laisser les chefs rentrer dans leurs quartiers, puis aller assommer les gardes d'un coup de petit doigt pour pouvoir leur faire tranquillou une petite prise de sang. Fort heureusement, ou plutôt fort malheureusement pour l'avenir de la planète, le SGC n'est absolument pas mis au courant du déroulement de la mission diplomatique, sinon, ils auraient peut-être pu prendre des dispositions pour qu'on ne laisse plus jamais Teal'c aller établir des relations amicales avec le peuple voisin.

J'en viens maintenant à la doctoresse, car elle mérite un paragraphe, cette brave femme. Car en effet, elle en vient à un tel état de désespoir, de voir que les seuls autres personnes capables d'avoir une conversation sur cette base sont 1) Teal'c 2) Daniel qu'elle se tourne tout naturellement vers O'Neil- un-sourcil pour lui causer découvertes médicales. Quoi de mieux pour déballer tout son vocabulaire scientifique médical qu'un gars qui ne pense plus qu'avec son bulbe rachidien et qui a franchement une tête de psychopathe par moments ? Le pire c'est qu'elle s'enthousiasme à mort, pendant qu'O'Neil fait semblant de comprendre en espérant qu'elle parte vite. Pauvre femme.

Maintenant, un chapitre intéressant : Daniel, search and rescue. Car Daniel, non content de jouer les anthropologistes aussi enthousiaste qu'empressé dans ses hypothèses (« ah, une statue de taureau ! Sûrement des descendants des Minoéens ! »), décide de se lancer dans l'humanitaire. Il voit une nana en train d'agoniser (remarquez qu'il ne secourt jusqu'à présent que les femmes), il tient ABSOLUMENT à la traîner à travers trois kilomètres de forêt infestée d'hommes des cavernes en manque de viande pour la sauver alors qu'il ne sait même pas si elle est condamnée ou pas. Enfin, si, il le sait, elle l'est. Et puis saluons au passage la remarquable attitude de Teal'c qui, lorsqu'il voit que Daniel s'est fait apparemment kidnapper par un groupe de fous furieux en peaux de bêtes, ne hausse même pas les épaules (encore un mouvement inutile, alala), même pas un sourcil (je crois que c'est réservé aux cas d'extrême urgence), et reprend sa route, sûrement en se disant « bon débarras » tellement il a l'air détaché. Limite si il se dit pas « mince, il a disparu. Mais où il a bien pu se cacher ? Bon bah j'ai pas le temps de jouer, j'y vais, il retrouvera le chemin tout seul ».Mais c'est sans compter la détermination et le sérieux de Daniel dans son métier d'anthropologiste. Face à un peuple qu'il serait cool d'étudier, non seulement il se plie volontiers à leurs coutumes, mais en plus il adopte leur comportement dans les moindres détails ! Certes, il a probablement dû être aidé dans cette tâche par le fait qu'il avait chopé le virus ; toujours est-il que lorsque SG-1 va le récupérer, c'est, tenez-vous bien, sa deuxième apparition sans lunettes ! Pas longtemps, et puis on est subjugué par la vue de l'arcade sourcilière de mammouth qu'il arbore (les maquilleurs se sont vraiment lâchés sur ce coup-là. Maintenant, j'arrive plus à me défaire de cette image), pourvue comme il se doit de l'Unique Sourcil. Mention à O'Neil qui fait remarquer quelque chose de redoutablement vrai à ce moment : « Si tu continues comme ça, tu vas finir avec une femme sur chaque planète ». Si encore il savait les choisir.

Donc voilà. De l'action, du drame, de la psychologie humaine (sauf pour Teal'c), et Daniel accroupi, les vêtements déchirés, l'arcade sourcilière proéminente et un os à moitié rongé à la main (c'était quoi comme viande, d'ailleurs ?). Que demander de plus ?

El Caracol


blog comments powered by Disqus

Mis à jour ( Mardi, 23 Mars 2010 18:43 )