#1 - Children of Gods
Dès le début, on voit quand même que par rapport au film, y'a eu une sacrée réduction de budget, quand même Enfin ça se voit aux costumes en tôle des euh... des Jaffas si je suis bien (je m'emmêle un peu dans les noms des monstres, moi). Mais voici qu'O'Neil débarque pour sauver la situation, tadada, et c'est le début d'un monstre sériesque de 10 saisons.Première constatation, terriblement choquante après 4 saisons de Stargate Atlantis : les acteurs savent jouer ! Ou en tout cas, il ne tentent pas à toute force de dissimuler leur talent comme dans Atlantis (car il existe fort heureusement des épisodes où ils oublient qu'il y a marqué dans leur contrat qu'ils doivent jouer le plus mal possible pour coller à l'esprit de la série... moments de gloire où transparaissent enfin les côtés les plus caricaturaux et donc amusants de leurs personnages. Alléluia). Mention spéciale à Richard Dean Anderson qui est, je dois bien le reconnaître, le modèle incontesté de notre cher Sheppard qui tente, en effet, de l'imiter, avec le succès que l'on connaît. Mais j'ai trouvé pourquoi ça lui va si mal (hormis le fait qu'il prend toujours un air constipé) : c'est parce qu'O'Neil est nettement plus âgé et donc a plus le type de charisme qui peut se permettre de faire des vannes à froid au commandant en chef de la NASA ou que sais-je.
Deuxième différence par rapport à Atlantis : oh mon Dieu, il y a des méchants intéressants ! Les Wraiths, dans leur plus grande forme, atteignent à peine le niveau de ces Messieurs- j'ai- mis-des-lentilles-fluorescentes. Mais il faut reconnaître à Stargate Atlantis que l'ambiance installée est différente et possède ses propres points forts (qui, jusqu'à présent, ont très bien réussis à ne pas être mis en valeur. Enfin je suis méchante hein. Mais dernièrement, on dirait vraiment que quand ils réussissent un épisode, ils s'en veulent tellement qu'ils font juste après une série d'épisodes pourraves). Mais je reviendrai plus tard sur les méchants.
Donc, soyons méthodiques, et abordons les points les uns après les autres.Le scénario. Ah, un scénario... non, en fait, c'est pas un scénario très original. J'ai beau trouvé très sympathique et bien trouvé le concept de la porte des étoiles, je ne vais pas aller jusqu'à jeter des fleurs aux scénaristes, qui semble avoir plus ou moins réemployé ledit scénario pour l'épisode pilote d'Atlantis (surtout pour la deuxième partie, en fait, où ils vont rechercher un pote à eux et déclenchent plus ou moins la guerre dans la galaxie). Les ficelles sont parfois de l'ordre de la météorite tellement elles sont subtiles. Je parle notamment du fait qu'O'Neil passe son temps à pleurnicher en regardant le gamin (qui me soule trop, d'ailleurs), Skaara. L'action est un brin lente à se mettre en place, après le début plutôt mouvementé... et on sent bien que la première partie n'est qu'une lente préparation à la seconde, qui est particulièrement peu originale mais incroyablement efficace dans le genre "ouais, allons taper sur des vilains méchants !". C'est enthousiasmant, même si un peu mou du genou et prévisible. Surtout la fin, quand ils semblent préoccupés par plein de trucs, sauf par revenir à temps à la porte des étoiles. Mais c'est un peu normal, vu que la solution leur tombe toute cuite dans le bec. D'ailleurs, les scénaristes ont vraiment voulu faire trop subtil pour le coup, parce que le retournement de Teal'c était peu, voire pas du tout préparé. C'est vraiment parce que je connaissais la série au départ que je ne me suis pas demandée pourquoi, subitement, les méchants se tapaient dessus entre eux. L'armée, de son côté, est particulièrement incohérente. Super psycho-rigide à la limite du soulant au départ, puis totalement à la merci d'un général (ça m'a fait bizarre de le voir, d'ailleurs, étant donné qu'il est mort maintenant) qui, sous prétexte qu'il est pote avec ce bon vieux O'Neil, décide de n'en faire qu'à sa tête. Bravo pour le standing à tenir.En parlant de mesures de sécurité, voilà une autre différence avec Atlantis, qui m'a fait me demander pendant un moment si les scénaristes n'avaient pas complètement pété les plombs. Mais ordre chronologique obligé, il est vrai que les protocoles de sécurité concernant la venue d'étrangers sur Terre ou simplement le faire de dire où ça se trouve, bref, ces protocoles n'existent pas vraiment, alors que sur Atlantis, c'est à peine si on n'est pas obligés, maintenant, de dire qu'on vient de Tatooine pour ne pas violer les règles de sécurité. Alors c'est vrai que quand j'ai entendu O'Neil dire à Teal'c (un ennemi, quand même) qu'il venait de la Terre, j'ai commencé à paniquer et à me dire "mais qu'est-ce-qui lui prend, il veut détruire la Terre ou quoi?", et du coup, le fait qu'il propose direct à Teal'c de venir squatter chez lui, m'a paru relever du délire le plus complet Mais je suis trop habituée à Atlantis. Ca faisait bizarre, d'ailleurs, de se rentrer dans la tête qu'ils étaient dans la même galaxie que celle de la Terre.J'en viens aux décors et aux costumes. On voit que les costumiers qui ont été engagés dans la série ont perçu ce nouveau job comme une opportunité inespérée de réaliser tous leurs fantasmes. Le moindre petit figurant n'ayant pas droit à l'uniforme militaire particulièrement contraignant, se voit affublé de coiffes et de vêtements tout aussi importables que ridicules. On peine à ne pas ricaner méchamment en voyant les malheureux débiter des dialogues dans une fausses langue inventée en jouant à des chiffres et des lettres, et portant des costumes qui n'ont rien à envier à ceux de Padmée dans Star Wars. En beaucoup plus fauché, évidemment. En revanche, les décors sont plutôt sympathiques. On sent qu'il y a eu une petite réduction de budhet depuis le film, quand même, mais les décorateurs ne s'en sortent pas si mal. Forcément, le complexe de la montagne Cheyenne est un peu moins sympathique que la cité d'Atlantis... mais on perçoit déjà l'empreinte de la série dans les décors extérieurs des planètes visitées. Ah, ces sympathiques planètes verdoyantes, avec des arbres et des colinnes, où on peut filmer dans 10 mètres carrés en faisant croire au spectateur qu'il regarde une planète vierge de toute construction alors qu'on a filmé à trente mètre de l'autoroute... mais je ne me moque pas. C'est pas non plus un budget délirant, et leur désert doit plutôt être un bac à sable accompagné d'un fond vert plutôt que le Sahara, rejoint à coup de crédit astronomiques délivrés par des producteurs peu regardants. Enfin je doute qu'une série, quelle qu'elle soit, ait suffisamment de budget pour aller tourner à l'autre bout de la planète. Mais SG-1 nous fournit avec gentillesse des motifs de gloussements en n'hésitant pas une seconde à employer la technique des supers rochers en carton, idéalement placés et du même nombre que celui des soldats qui sont censés couvrir la fuite des autres... rochers probablements réutilisés du mur en carton de la prisob démolis à coup d'armes extraterrestres alors qu'il était assez clair que rien qu'en s'appuyant dessus un peu fort, on pouvait passer au travers .
J'en viens aux personnages ! Et là, c'est le bonheur de la visionneuse assidue de Stargate Atlantis car, ô miracle, les acteurs semblent enthousiastes, motivés, et croyant dur comme fer dans leurs dialogues qui, d'ailleurs, ne sont pas encore tombés dans les limbes de la débilité. Merci, ô Dieu des séries ! On sent tout de suite, forcément, que O'Neil va être le gars charismatique de la mission, et pas faussement charismatique comme Sheppard, même si on n'atteint pas non plus des sommets inexplorés. Bon, je passerai sur Teal'c, à peu près aussi bavard qu'une pierre. Carter est, euh, bah... pour moi, c'est un peu le point faible du casting. Je ne dis pas qu'Amanda Tapping ne joue pas bien, mais on lui a collé le rôle de la fille, rôle particulièrement cliché. MAIS le cliché est assumé, avec une conversation interminable entre O'Neil et Carter dès le début, conversation fort animée et qui présage des soupirs d'amoureux éconduit de la part d'O'Neil. Oskour. Mais c'est l'avantage avec la SF : y'a pas de romance plus que ce que demande le quota. Alors au moins, quand la romance s'annonce super naze, on est assurés dès le départ qu'elle sera aussi superficielle qu'insipide. Quoique, il y a de la romance. Avec Daniel et sa super femme Sha're (rah, ces noms ! Ca sent trop le "donne-moi une syllabe. Tiens, on va mettre une apostrophe, ça fera couleur locale"). Alors j'espère, je prie de toutes mes forces pour que, soit ça ne dure pas trop longtemps la course-poursuite entre le pauvre mec convaincu que sa femme n'est pas devenue une reine alien impitoyable et ladite reine alien impitoyable (dans les costumes de laquelle on reconnaît la genèse de la mode Padméenne), soit ça soit traité de façon subtile et intéressante. Mais là, je vais pas rêver non plus. Déjà, j'aime pas la madame. Donc je suis contente qu'elle dégage du casting des gentils (ouais, j'l'aime pas, elle a une sale tronche et elle fait trop couleur locale). Mais j'aime bien Daniel, parce que, selon moi (bon là, on rentre dans les goûts personnels), et si seulement il enlevait ses lunettes Harry Potter, il aurait un physique ma foi très correct, ce qui est un argument de plus pour regarder la série XD. Bref, non mais tant qu'à remplir le quota de personnages bien étiquettés, le gars regardable de la série n'est pas de trop, et dans Atlantis, quand on en a un qui tient à prendre l'air de celui qui a un gros problème de crispation au niveau des muscles du visage pour avoir l'air beau alors que c'est manifestement perdu d'avance, franchement, ça décourage un peu (je suis sûre que tout le monde a reconnu ladite personne).
Mais bon, j'ai un peu peur que Daniel ne finisse en personnage présent en pointillés, tant au niveau de la présence pure que dans le caractère, genre un peu fuyant et sans réel intérêt. Hm. On verra.
Bref, au terme de l'épisode, l'équipe est complète. Et la série présage fort bien. On verra pour la suite.
Un dernier point reste cependant à aborder, point très important s'il en est : les méchants. Comme je le disais précédemment, les Goa' uld sont à SG-1 ce que les Wraiths ne sont pas à Atlantis : des méchants intéressants. D'abord, ils ne sont pas verts, ensuite, ils ne se promènent pas dans des vaisseaux avec diffuseurs de brume incorporés, et enfin, ils ont la décence d'éviter de faire des grimaces laide et inutiles toutes les trois secondes histoire de prendre un air méchant. Cependant, ces sympathiques grimaces sont compensées par un violent problème de gorge qui les oblige manifestement à parler avec des voix que l'on peut qualifier soit d'interstellaires, soit de sérieusement atteintes par une pharyngite en stade terminal. Il fallait bien que les Dieux aient un signe distinctif. Ca et un ventre découpé à la machette, d'où sort un alien gluant et ayant des mouvements légèrement saccadés, histoire de voir le temps qu'il fait.
Pour en revenir aux points forts des méchants, je crois que leur apparence humaine est le plus grand service qu'on aurait jamais pu leur rendre. A côté de ça, les Wraiths ressemblent à ce qu'ils sont, c'est à dire des pseudos vampires primitifs qui essaient de se donner un air intelligent mais qui ont aussi peu de subtilité qu'un intestin de mouche. Au moins, les Goa'ulds sont profondément ancrés dans une architecture où les boyaux ne sont pas la matière première, et qui leur confère un minimum de prestance. Dirons-nous. Parce que, je dois bien l'avouer, passé le stade de la surprise face à des yeux fluorescent (mon Dieu, ils ont inventé le Colgate pour lentilles !), j'ai fini par ricaner stupidement à chaque retour de « mes yeux brillent dans le noâââr ». C'est quand impressionnant, c'est vrai, mais c'est facile à prendre au second degré. Mais la critique est facile, et puis ça n'est pas un point excessivement important. Il faut reconnaître aux Goa'ulds que, pour l'instant, ils tiennent mieux leur rôle de méchants méprisants des autres peuples que les Wraiths avec qui, au bout de deux saisons, on finit par faire des barbecues le dimanche après-midi.
Cependant, un point noir fort important subsiste. C'est bien malheureux, mais il semblerait que le scénariste ait décidé de rendre un hommage des plus poussés à l'une des références ultimes de la SF : Alien. Mais pas les côtés rigolos d'Alien où on sauve le chat même si vous le monde meurt dans le vaisseau, non, plutôt le côté « j'ai un alien qui me sort du ventre ». Mais Stargate innove, grâce à la super technique du open-bar ! Enfin du open-ventre, quoi. L'avantage, c'est que c'est facile d'épater ses potes, on a juste à soulever son tee-shirt pour voir un truc gluant en sortir. Et puis même pas besoin de recouvre, avoir un ventre ouvert à tous les vents, c'est délicieux, on a les intestins bien aérés. Voilà, je m'insurge contre ce parti pris aussi répugnant que peu stratégique. Dans Alien, tout le gore était de voir le ventre exploser, il est clair... alors que là, plus de sang qui gicle. Juste de la bave et des boyaux qui font coucou.
Mais nos amis ne s'arrêtent pas dans le domaine anatomique et s'éclatent durant une scène délirante, à mettre à poil une pauvre madame qui avait juste demandé à tenir son rôle de potiche fadasse (comprendre Sha're, que je ne peux toujours pas encadrer :mrgreen: ), puis à lui présenter un vert gluant qui tient à la fois du lombric géant et du poisson des profondeurs abyssales ; et bave powa. Messieurs Dames, je vous présente le vrai méchant de la série. Argh, bon, d'accord, la forme humaine c'est super. Mais il faut plus s'étonner après d'avoir des maux de ventre (haha). Donc, une scène fort étrange, dans une série (enfin je me réfère à Atlantis) où c'est à peine si on voit des personnages s'embrasser, c'est assez inattendu. C'est pas que je suis sensible, enfin pas trop, mais je ne tenais pas tant que ça à voir le processus de prise de possession d'un hôte par Ver gluant numéro 1, surtout avec l'autre taré d'Apophis qui lui fait une déclaration d'amour à côté. Qui a dit qu'il n'y avait pas de romance dans Stargate ?
Mais le folklore méchantesque est bien présent. Nous avons droit à des dialogues qui pousseraient tout archéologue qui se respecte à se suicider au canard WC, du genre « dans la mythologie égyptienne, Apophis est le dieu de la nuit » ce qui est, selon mes souvenirs, une réduction radicale du rôle d'Apophis dans les légendes, mais bon. Personnellement, j'aime bien le principe de méchants-Dieux. Enfin, faux dieux en l'occurrence, mais c'est marrant. C'est prétexte à des costumes délirants, à des masses de figurants un peu à l'ouest, à des bidouillages sonores sur les voix Goa'uldiennes, à des dialogues pourris et à des rictus machiavéliques à volonté. Mais ils me font trop rigoler avec leurs supers bijoux lanceurs d'ondes de choc XD. Donc, on attend plus d'affrontements avec nos amis les Goa'Ulds, mais sous forme humaine. Pitié.
El Caracol
Mis à jour ( Mardi, 23 Mars 2010 18:42 )


