#4: The Daedalus variations
J'ai survécu à des épisodes où Keller était le personnage principal. J'ai tenu le coup lorsque Joe Flanigan a écrit des épisodes à la gloire de son propre personnage. Je n'ai pas pleuré quand Ronon a coupé ses cheveux. Et j'ai même réussi à passer sur le fait que plus aucun acteur ne jouait correctement dans la dernière saison.
C'est forte de cette idée que j'ai commencé à regarder l'épisode 4 de la saison 5 d'Atlantis. Et me voici plongée dans l'histoire de notre habituelle équipe de bras cassés embarquée sur un Dédale (soit dit en passant, ça n'est pas très optimiste, de donner ce genre de nom au vaisseau) qui apparaît un beau matin au-dessus d'Atlantis et qu'ils trouvent entièrement désert...
Commençons par le commencement. Une chose m'a frappée lorsque que j'ai vu le début, qui se déroule dans la cité d'Atlantis, dans la salle principale où ils passent les ¾ de leur temps (le quart restant étant soit l'infirmerie, soit la cantine. On est humain ou on l'est pas) : la mission est devenue un corps décapité. Oui, l'image est un peu gore, mais je n'en ai pas trouvée de meilleure. Mais, me direz-vous, Wolsey est tout de même le chef de cette mission, non ? Eh bien, oui et non. Officiellement, oui, mais en pratique, on ne le voit même pas dans l'épisode, et c'est à peine si on voit un quelconque supérieur -sorti de Sheppard- se promener dans les environs de la cité. Alors, que font-ils ? Ben, pas grand chose. Zelenka, qui s'invite de temps en temps, papote avec le gars dont personne ne connaît le nom et dont le boulot paraît être de tripatouiller les boutons des consoles de commande pour annoncer à la fin que 1) 60 vaisseaux Wraiths s'apprêtent à faire feu sur Atlantis 2) Le bouclier est en panne 3) On n'a plus de papier toilette. En fait, sorti de Zelenka, du mystérieux gars et de nos 4 héros préférés, il n'y a plus personne dans la cité. On est passé aux 35 heures ou je ne sais pas quoi, toujours est-il que lorsque Sheppard débarque pour aller aux nouvelles, on se demande depuis combien de temps les gens de la salle de contrôle n'ont pas vu un de leur supérieur. Sur Atlantis, c'est les RTT tous les jours. D'ailleurs, il n'y a tellement personne que lorsque, Sheppard et son équipe disparus depuis plusieurs heures, le major Lorne arrive à son tour pour prendre des nouvelles, on observe avec une angoisse indéfinissable que ledit major est le personnage le plus haut gradé encore présent dans la cité. Mais que fait la police ?
Une fois sur le Deadalus, qui s'avère être un Deadalus d'un monde parallèle, et dont le moteur est conçu pour faire des sauts d'univers parallèles en univers parallèles, notre équipe est bien mal embarquée. A tel point qu'ils découvrent leurs doubles - morts- ce qui nous permet également de voir pendant 3 secondes une tenue inédite de Teyla ! Après, Ronon bis avait toujours le même tee-shirt crasseux, n'exagérons rien.
Le point intéressant de l'épisode est en fait qu'il illustre à merveille le principe de la flexisécurité : salariés, salariées, faites des stages, vous pourrez vous réinsérer dans le monde actif en trouvant un nouvel emploi ! Peu importe après tout, que vous partiez du métier d'agent de terrain : rien ne vous empêche de faire un stage de deux heures sur le Dédale(le vrai) pour pouvoir après sans aucun problème piloter un Dédale bis à vous toute seule (Ronon ne compte pas, il ne fait que taper sur la console de tir ; pas assez d'entraînement à Counter Strike). Autre choix : agent de terrain, vous pouvez aussi entrer dans le sympathique corps de métier des plantes vertes. C'est en effet ce à quoi se résume l'activité de John Sheppard, commandant en chef de l'équipe, et qui se fait littéralement piquer le commandement par Teyla à force d'être totalement inefficace. Il devient clair, dans cet épisode, que Sheppard n'a encore pas trouvé de meilleure tactique que celle d'insulter McKay pour qu'il trouve une solution à des sauts involontaires dans différentes réalités parallèles, ou encore à la faim dans le monde ou à la future extinction du soleil. McKay est cependant poussé au meilleur de sa forme : plus rien ne lui est inconnu, en ce qui concerne les moteurs thermonucléaires inventés par trois super-savants en trois réalités différentes. C'est notre McKay comme on l'aime.
Autrement, l'épisode est sympathique. Il a un petit air de jeu vidéo, ou encore de rêve au scénario tarabiscoté mais amusant puisqu'à force de passer de réalité parallèle en réalité parallèle, ils finissent par se retrouver dans des situations complètement farfelues, où ils se jettent d'ailleurs tête la première (quoique j'avoue, pour le soleil, ça n'était pas spécialement de leur faute). Le meilleur moment est lorsque Sheppard prend la décision d'attaquer un vaisseau dont ils ne savent pas à qui il appartient, dans l'univers parallèle numéro 2, histoire de défendre la cité d'Atlantis dont ils ne savent pas non plus par qui elle est occupée. Bien sûr, il fait une tronche assez ... euh... en fait il fait la même tronche que d'habitude, mais l'intention y est, lorsqu'il apprend que pour retourner dans leur univers, ils vont devoir refaire « marche arrière », c'est à dire repasser par les univers parallèles précédents... et donc refaire coucou aux Aliens pas cools sur lesquels ils avaient joyeusement tiré avant de s'apercevoir, au bout de deux tirs, que les munitions étaient épuisées. Pour ce qui est des Aliens, les deux premières secondes où on fait connaissance avec eux sont profondément rafraîchissantes. On se dit : « aaah, quelque chose qui change des Wraiths ! ». La troisième seconde voit se produire l'apparition, dans un coin du cerveau, l'idée insistante et dérangeante que 1) Les Aliens en question ressemblent terriblement aux Wraiths 2) En conséquence, ils se situent approximativement au niveau -6 de l'intérêt. C'est à dire qu'ils sont plus ou moins verts et qu'ils ne savent que tirer dans le tas - ce en quoi ils s'entendent bien avec Ronon et Sheppard. Pour finir, on commence à croire que la seule différence avec les Wraiths se trouvent dans leur capillarité : ils sont rasés, là où les Wraiths abordent leur nébuleuse chevelure d'elfe qui s'est planté de shampooing. Youpi. On prie pour qu'il ne s'agisse pas là des nouveaux méchants. Mais j'en doute.
Pour conclure, j'aborderai un point fort préjudiciable à la qualité globale de l'épisode : la fin. Plus exactement, le trait d'humour de la fin. Succédant à un problème insoluble de « comment sort-on du Deadalus alors que le hangar à Jumpers vient d'exploser ? », hop, ellipse et c'est là qu'on arrive sur le plan ô combien aberrant de 4 cosmonautes en habit Michelin, flottant dans le vide intersidéral et interpellant le Jumper de Zelenka et du major Lorne qui arrive (c'est à se demander qui il restait dans la cité à ce moment) d'une voix enjouée. Il y en a qui alors qu'ils sont en train de flotter au milieu d'une galaxie inconnue de faire encore des vannes pourries. Je vous la cite, parce que c'était trop violent pour être tu : « Heureusement que vous êtes là, c'est difficile de se faire prendre en stop ici ! ». Je ne garantit pas que la citation soit exacte, mais l'esprit y est.
Sur ce, rendez-vous au prochain épisode !
Mis à jour ( Vendredi, 26 Mars 2010 18:15 )


