#1 : Air
Pour commencer, quelques paroles des créateurs et acteurs de ce nouveau spin-off...
"Je suppose que ce qui rend ce Stargate différent des précédents show de la franchise est que qu'il est beaucoup plus sombre que les autres» déclare Robert. «il y aura moins d'interaction avec des races aliens mais plus de scènes à bord du navire. » (Robert Carlyle)
"C'est plus dramatique et plus axé sur la dynamique des personnages. »
"Universe ne sera tout de même pas qu'une série sombre, l'une des marques de fabrique de la franchise Stargate : une pointe d'humour savamment dosée sera bien présente"
"Brad [Wright] et Rob [Cooper] on fait un super boulot sur le script du premier épisode qui démarre la série d'une façon spectaculaire. Le script est rapide et amusant."
"Stargate Universe est une série qui s'inspire de la mythologie établie mais qui en même temps emprunte une nouvelle voie pour la franchise » explique Mallozzi. « Ce sera nettement plus centré sur les personnages et sur l'exploration de la dynamique des relations interpersonnelles. L'évolution de l'équipage du vaisseau sera le moteur de la série (Et non je ne parle pas de "romance"). Les débuts de ce vaisseau parcourant des territoires inexplorés nous offrent de multiples possibilités d'histoires, mais cela nous force également à adopter une approche très différente sur les rencontres avec les extraterrestres ainsi que les missions sur les planètes rencontrées. Deux thèmes constamment mentionnés lors de notre réunion d'aujourd'hui furent "survie et sacrifice"."
Stargate Universe, une nouvelle série, une nouvelle aventure ! Certes, c’est encore une série dérivée Stargate, tout comme les deux précédentes, qui ont totalisé à elles deux plus de 300 épisodes pas forcément tous meilleurs les uns que les autres, d’ailleurs. Quoiqu’il en soit, Universe avait un sacré héritage derrière elle.
Mais loin de vouloir refaire la même chose que d’habitude (ce qui eût été, vous en conviendrez, relativement ennuyeux), les scénaristes ont décidé de faire tout autre chose. Stargate, on ne prend pas les mêmes et on ne recommence pas : rien que du neuf, du choquant, de l’incroyable ! Mais je m’avance peut-être un peu.
Qu’avaient promis les scénaristes ?
En regroupant les diverses confidences scénaristiques, on s’aperçoit que tout tourne autour de quelques points centraux :
- Une série plus sombre
- Plus d’interactions entre les personnages principaux, moins avec les aliens
- Bah, en fait c’est à peu près tout
Je ne vais pas vous mentir : la série est conforme aux volontés des scénaristes. Et à plus d’un niveau, par ailleurs. La survie et le sacrifice faisant partie des thèmes principaux de la nouvelle série, on en jette plein la vue au spectateur : au bout de l’épisode pilote, on a déjà plusieurs morts dont un sacrifié. Même si, dans un habile jonglage entre « un peu mais pas trop », celui qui s’est envoyé à la mort pour sauver les autres était non seulement déjà condamné, mais en plus franchement soulant. Maintenant qu’il est parti, sa fille a le champ libre pour aller draguer les beaux mâles de l’équipage.
J’en viens d’ailleurs au deuxième point, consacré aux personnages. Une intrigue centrée sur eux ? Pas de soucis ! Il s’avère que les objets eux-mêmes ont une place importante, façon nouveau roman. Et pour preuve : parmi les premiers plans de la série, outre ceux sur le vaisseau (très prometteurs, par ailleurs), on voit une valise fendre le vortex et la moitié de la pièce. Suivie par un tas de gens à qui des techniciens facétieux continuent de lancer des valises sur la tête pendant de longues minutes. Du drame ! De la tragédie ! Des valises ! Voilà la clé d’un scénario réussi.

Une pauvre valise abandonnée
Les personnages nous apparaissent pour la première fois couverts de poussière, et plus ou moins drôles ; ne négligez pas le potentiel comique d’un figurant se prenant une valise dans la figure.
Il y a un peu plus de femmes, cette fois. Ceci dit, elles commencent déjà à pleurnicher dès le début :

Comme y’en a un peu assez de l’attaque des valises maléfiques, c’est le moment rêvé pour faire un retour en arrière et dévoiler enfin le début de l’intrigue. Comment tout cela a-t-il commencé ? Comment en vient-on, concrètement, après 15 ans d’extraterrestres plus ou moins moches, à jouer à lance-valises ?
Facile : d’abord, on retourne sur Terre. Plus exactement dans la maison d’Eli, à peu près seul personnage pas trop exaspérant pour le moment. Ensuite, vous prenez le chef des nouveaux personnages, j’ai nommé le Dr. Rush, interprété par Robert Carlyle. Cheveux long et lunettes : sera-t-il notre nouveau Daniel ? Certes plus âgé, mais c’est, à en croire les dialoguistes, le plus grand expert en technologie ancienne de la planète ! Waouh, mais d’où ils les sortent ces experts ? Ceci dit, pour l’instant, il n’a pas de femme qui se fait enlever. On croise les doigts.
Bref, enfin, pour raccorder votre nouveau spin-off à ses grandes sœurs, vous casez un acteur des précédentes séries. Ici, O’Neill (on remarque assez vite que le casting d’Atlantis est totalement tombé aux oubliettes), les années en plus. Ca fait un peu mal, pour ma part je me serais bien passée de voir ses nouvelles bajoues. Mais voilà, votre série est installée !
Comme c’est un épisode pilote, ça doit aller vite. Il ne faut pas perdre de vue que, quelques jours plus tard, y’a des valises qui traversent l’univers. Alors on ne se perd pas en de vains problèmes administratifs d’aucune sorte et, bim ! On téléporte Eli dans un vaisseau spatial. Qui a parlé de formalités ? De toute façon, il peut très bien téléphoner à sa mère via un téléphone fixe (avec option « opérationnel en hyperespace et illimité vers les fixes de la Terre ») pour la prévenir qu’il ne sera pas de retour pour le dîner.
Tout ça c’est bien, mais que faire des malheureux qui débarquent dans Universe sans avoir vu ni SG-1 ni Atlantis ? Facile, là aussi ! Comme on a quelques minutes pour simuler un voyage de plusieurs jours, on colle le pauvre Eli devant une vidéo qui résumé 15 ans de science fiction. Tada ! Nouveau prétexte pour caser un acteur, ici, Daniel, qui n’est pas vraiment à son avantage (sauf si vous aimez le type « décontracté, arrogant, et avec une coupe franchement laide ») :

Pendant ce temps-là, on a quelques flash-forwards (des retours vers le futur si vous voulez), dans lesquels on découvre un peu le futur décor de la série.
L’avantage dans cette série, c’est qu’ils ne lésinent pas sur les économies d’énergie
On a même droit à un nouveau flash-back dans lequel on nous montre que le militaire le plus gradé du coin a des problèmes de santé. Quelle équipe de bras cassés !
En parlant d’interactions entre les personnages, les scénaristes n’ont pas oublié d’inclure l’un des facteurs racoleurs habituels : j’ai nommé… non, il y a peut-être des enfants, alors on va dire qu’il s’agit d’échanges sociaux entre adultes. Bref, nouveauté par rapport aux séries précédentes : les personnages ont une libido. Léger défaut particulièrement récurrent : cette scène ne sert strictement à rien. Ah, si, pardon ! Faut appâter le spectateur frustré par 15 ans de militarisme.

Joli mur, au fait
L’histoire se poursuit ; niveau décors, les efforts sont relativement minimaux quand il s’agit d’extérieurs…

Trois bouts de cailloux et un ventilo, ça suffit bien.
S’ensuit une interminable scène tellement passionnante que j’ai du mal à me souvenir de quoi ça parlait. Justement, ça parlait. De la porte, manifestement, et des recherches qu’il fallait absolument entreprendre sur cette planète en particulier… en bonus, on a droit à un nouveau chevron, et on sait pourquoi on ne le voyait pas souvent :

Et on a aussi les génies en pleine ébullition :
Après un nouveau flash-forward au pays des coupures d’électricité, on revient en arrière à nouveau, pour une scène dans le mess, où l’on remarque que l’ordinaire s’est considérablement amélioré :
Y’a du relâchement, avec les civils !
De retour dans le futur, ça bavasse toujours, mais pour pimenter le tout, on agite un peu ses armes. Ce qui a l’air de terrifier le Dr. Rush :
Faut dire, il a un costume tellement affreux… il ne faut pas s’étonner que quelqu’un pète les plombs et le menace
Et là, c’est le drame : dans un nouveau flash-back, l’alliance luxienne attaque la base. Carter en profite pour apparaître environ 30 secondes dans une débauche d’effets spéciaux qui tendent surtout à rendre les vaisseaux goa’ulds brillants de tous leurs feux :
A partir de là, on alterne subtilement les changements de temps, histoire de donner un peu de rythme à l’ensemble qui était en train de faire sombrer le spectateur dans l’ennui.
Vite, vite, pendant que tout explose, on trouve la solution du mystère et la porte, et au lieu de repartir sur la terre (ce qui nous eût épargné d’autres longs épisodes), on s’élance vers l’adresse à 9 chevrons. Tada ! Quelques vols planés de valises plus tard, la boucle est bouclée, non sans avoir eu quelques pertes humaines pour faire bonne mesure et donner un caractère tragique à la série. Rassurez-vous, ça n’était que des figurants.
Bref, c’est la fin de la première moitié de l’épisode pilote, et au point où on en est, même Carter s’endort :
P.S. : un immense merci à Stargate Fusion à qui j'ai volé sans scrupules (ou presque) les captures d'écran. Stargate Fusion, je t'aime.
Mis à jour ( Mardi, 23 Mars 2010 18:43 )


